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La Pleine Lune en Verseau vient mettre en lumière l’axe Lion / Verseau, l’axe dans lequel on recherche comment notre quête individuelle, notre rayonnement authentique, peut devenir l’eau de la nouvelle conscience des Verseaux.
Le Soleil est à son domicile dans le signe du Lion, car pour la tradition il gouverne le cœur et représente la conscience claire. Il symbolise la quête du Graal, il nous exige de partir en quête de nous-mêmes. Nous cherchons dans ce signe une expression créative singulière, nous souhaitons pouvoir être reconnus et rayonner depuis ce centre. La quête est souvent solitaire, car il nous faut affronter seuls nos mémoires usées, nos mécanismes de sabotage qui nous empêchent de nous abreuver à la coupe du Graal, celle qui nous réjouit, semble nous donner du sens, de la vie et de la vitalité.
Le courage du Lion repose sur sa noblesse et pureté de cœur. Ce qui est intéressant, c’est que la Lune en Verseau vient nous éclairer sur deux aspects dans cette saison du Lion.
Dans un premier temps, elle va nous relier au porteur d’eau. L’eau des Verseaux n’est pas l’eau d’un ruisseau ni même de l’océan, c’est l’eau qui symbolise le flot de clarté, elle fertilise l’esprit, c’est le flux mental. Ce sont les ondes de l’intelligence, les courants invisibles qui, au fil du temps, sont porteurs d’intuitions, de vérité. C’est une eau qui nourrit la mémoire du monde. Dans le Verseau, les étoiles deviennent des sources spirituelles.
L’axe Lion-Verseau va donc contribuer à nous rééquilibrer : nos quêtes solaires individuelles n’ont de sens que si nous sommes réceptifs aux étoiles, que si l’influx des pensées, des concepts et des vérités provient de ce nectar divin, de ce mana.
Comme dans les légendes arthuriennes, le courage des chevaliers ne suffit pas pour trouver le Graal : il faut savoir poser la bonne question — à quoi sert le Graal ? Nos quêtes solaires n’ont de sens que si nous nous transformons en porteurs d’eau, et partageons depuis ce centre solaire nos créations, nos œuvres, notre être.
Dans un deuxième temps, cette Pleine Lune peut, pour certains d’entre nous, inviter à passer à nouveau, telle Héraclès, l’épreuve des écuries d’Augias.
Le roi Augias, en Élide, possédait un immense troupeau de bœufs sacrés. Ses écuries n’avaient jamais été nettoyées depuis des décennies, et la saleté s’était accumulée au point d’être titanesque. Eurysthée, qui imposait ses travaux à Héraclès, lui ordonna de nettoyer les écuries en une seule journée, pensant que c’était impossible.
Héraclès utilisa son intelligence pour creuser un canal et détourner deux fleuves voisins — l’Alphée et le Pénée. Il fit passer les eaux à travers les écuries. Le courant emporta toute la saleté en quelques heures.
La Pleine Lune peut être une invitation à suivre la même initiation que Héraclès, héros solaire, et à nettoyer les structures sociales ou psychiques qui sont saturées, symbolisées par les écuries : toutes nos habitudes, croyances ou miasmes.
On peut lire ce processus tant au niveau individuel que collectif : nettoyer le vieux monde pour laisser circuler un nouveau flux vital. Le Verseau vient symboliser ce nouveau courant de conscience et de connaissances, qui balaie les scories mentales ou collectives. Il faut juste être vigilant, en Verseau — signe régi par Saturne — à ne pas remplacer d’anciennes conceptions mentales par de nouvelles tout aussi enfermantes. Le Verseau peut avoir une tendance aux “ismes”…
Mercure, qui est dans ces derniers jours de rétrogradation dans le signe du Lion, vient ainsi nous aider à pouvoir articuler une nouvelle représentation des choses, et surtout réveiller en nous l’appel du cœur tout en pouvant envisager comment il peut devenir un flux dans le collectif.
Il y a dans le Verseau un véritable appel à la liberté, une liberté qui peut soutenir l’immensité de la grandeur solaire, libre de rayonner, de vibrer, de créer, portée par les courants du collectif, par l’amour du monde et de l’humain…
Une vraie table ronde sans domination, dans une horizontalité de cœur, là où chacun contribue de sa coupe, où l’on s’inspire mutuellement.
═══════ ✦ Astéroides ✦ ═══════
Les astéroïdes Vesta, Junon et la Lune Noire moyenne en conjonction dans le signe du Scorpion sont en carré à cette Pleine Lune. Il y a une belle symbolique, comme une invitation dans ce chemin de l’accomplissement de soi et de nos quêtes individuelles et collectives. Il s’agit de ne pas oublier les mémoires profondes, celles qui touchent au lien.
L’autre configuration astrale qui fait écho à cela est Mars en Balance, gardien du Soleil, opposé à Saturne et Neptune en Bélier.
Pour synthétiser et ne pas se perdre dans les détails astrologiques, on vient nous rappeler qu’une grande clé se trouve dans les alliances que nous allons sceller au niveau individuel pour pouvoir faire advenir cette promesse d’une ère nouvelle.
Junon, gardienne du mariage, et Vesta, gardienne du Centre, couplées à une Lune Noire indomptable et souffrant de l’exil, peuvent rejouer dans nos relations intimes des tensions entre notre cœur et notre liberté, que l’on retrouve aussi souvent dans l’axe Lion / Verseau.
Comment équilibrer notre centre, notre cœur, et notre désir de singularité et de liberté ? Comment œuvrer ensemble sans sans cesse réactiver les mémoires usées de nos blessures et de nos attachements ?
Comment continuer à œuvrer pour l’expression de nos quêtes solaires divines sans nous enfermer et nous couper des liens ?
Autant de questions soulevées par cette Pleine Lune. Chacun, bien sûr, les recevra à différents niveaux du symbole. Ce qui est sûr, c’est que l’interprète du langage des étoiles que je suis ne peut qu’inviter, comme en reprenant Jung, à réunir les opposés en soi.
Jung, lors de ses études des grandes ères cosmiques, écrivait que si l’ère du Poisson était celle où le bien est l’absence de mal (privatio boni), l’ère du Verseau sera la réunion des opposés par le porteur d’eau. Or, dans l’évolution de la mythologie, le porteur d’eau est devenu Ganymède, un humain, rôle qui auparavant était occupé par une divinité…
Caro xxx
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