
Nouvelle Lune en Vierge : le centre au creux du mystère

Nouvelle lune en Vierge
La Vierge : de l'archétype à ses excès
Dans les temps antiques, Vierge signifiait n'appartenir qu'à soi-même. Les Korés, ces déesses vierges, en étaient le symbole : elles étaient les gardiennes du centre, capables de renouveler leurs énergies par elles-mêmes, car elles étaient avant tout fidèles à la grande déesse, à un principe supérieur qui les ramenait au creux de leur être…
Puis, avec le temps, le signe de la Vierge est devenu ce signe de la rentrée, du tri, de l'ordre, des listes, des organisations. Et même si toutes ces manifestations de l'archétype sont réelles, elles semblent masquer la cause profonde, le principe qui sous-tend ce signe…
La Vierge, là où nous l'avons dans notre thème, ou comme composante singulière de notre multitude, est un ode au petit, au micro, aux détails, que cela aille de ces riens du quotidien aux agencements les plus complexes de certaines techniques. Elle cherche à purifier les choses, à polir le champ d'expérience qu'elle touche dans notre thème, car elle cherche le centre face au chaos du monde ou à son mystère ; elle tente de lire, dans le vol d'un papillon, une ode à l'éclosion de la vie et à son éternel recommencement…
Dans son excès, elle se perd : le petit devient ce à quoi elle se raccroche par peur de l'inconnu, par peur du chaos, où elle exerce sa fonction d'analyse à l'excès. La Vierge devient alors la critique qui voit pourquoi le système ne fonctionne pas, qui aimerait tellement raffiner les choses pour toucher une perfection qui appartient à un autre monde. Pourtant, elle touche une vérité profonde : cette perfection est en elle, dans ce centre. Mais lorsqu'elle cherche à la voir se refléter dans les choses extérieures, elle tombe dans une tyrannie du contrôle…
La Nouvelle Lune : Mercure, Neptune et l'initiation du centre
Cette Nouvelle Lune exprime une qualité de la Vierge qui nous ramène au centre pour mieux accueillir ce qui nous dépasse. En effet, Mercure, le régent de la Vierge (domicile et exaltation), se trouve dans un magnifique trigone d'air et opposé à Neptune. Nous avons une opportunité de comprendre que notre mental a une plasticité magnifique lorsqu'il s'ouvre à l'inconnu, lorsqu'il ose créer de nouveaux circuits pour faire face à la complexité du monde ou à sa souffrance… Neptune, quant à lui, dissout, floute ; il nous demande de choisir entre suivre les sirènes et nous échouer dans les méandres de nos vagues intérieures, ou bien écouter les muses…
Relier notre mental à cette inspiration divine, chantée depuis des millénaires par les poètes des astres ou des mythes ; garder le calme en attendant l'inspiration, en acceptant surtout que la vraie initiation de la Vierge tient juste à purifier le centre, à écouter cet espace en nous, immuable face au chaos ambiant. Réveillez en nous la Koré innocente, mais pas naïve…
Vers l'automne : Vénus en Scorpion et Uranus rétrograde
Ce sont ces retrouvailles avec notre centre et notre innocence dont il sera question à l'automne, surtout dans les thématiques vénusiennes : l'amour, l'affect, l'amitié, la joie, l'éros, la sexualité et l'expression créative…
En effet, Vénus rentre en Scorpion, où elle rétrograde le 3 octobre… Koré devient Perséphone, arrachée à l'ingénuité ; elle est obligée de descendre, pas forcément pour se morfondre dans la souffrance (je pense qu'on la voit tellement autour de nous, dans nos liens, dans nos corps), mais pour récupérer quelque chose que l'on aurait perdu…
Ce trésor est unique à chacun et dépend de la singularité de notre cartographie étoilée à notre naissance. De par l'opposition à Chiron et le carré à Pluton, qui marquent le commencement de cette entrée dans le Scorpion, on peut ouvrir le symbole suivant plusieurs émanations…
Le lien à nos corps blessés, comme symbole de notre Terre blessée qui peine à se régénérer : quels sont les territoires intérieurs en nous qui souffrent d'un manque d'amour, d'un désert, ou d'émotions tellement complexes que toute joie est étouffée, tout lien de cœur est impossible à tisser ; quelle expression créative va crier au fond de notre âme, car elle ne trouve pas les mots pour se dessiner sur nos lèvres…
Enfin, le même jour, Uranus stationne rétrograde. Le grand éveilleur des consciences a sans doute déjà bousculé beaucoup de nos représentations du monde, liens ou projets… Comme si venait consolider que cette libération commence en nous, dans un autre regard sur nous-mêmes, dans un autre fil narratif à écrire, tant individuellement que collectivement…
Belle lunaison à tous.




