✦ Ode à l’âme du monde ✦
Chaque Nouvelle Lune est une promesse d’un renouveau, la reine et le roi des cieux se rejoignent à nouveau, ils sèment une nouvelle graine dans une qualité d’énergie différente à chaque lunaison, qui se déploiera sur les 6 prochains mois.
En Poissons, cette graine nous renvoie aux origines, avant le commencement, lorsque l’unité régnait, lorsque l’on se sentait pleinement en unisson avec l’âme du monde…
Pourtant, les derniers degrés dans lesquels se trouve cette Nouvelle Lune sont imprégnés d’une caractéristique martienne (termes égyptiens et décan de Mars). Dès lors, ils renvoient à cette urgence de précipiter dans la matière, à pouvoir s’incarner et se diviser de cette source de laquelle nous avons pourtant tous la nostalgie…
Il y a une saveur particulière dans cette Nouvelle Lune, car elle va être suivie, pour le mois d’avril, de nombreuses planètes passant dans le signe du Bélier, rejoignant Vénus, Saturne et Neptune. Il va falloir avoir le courage d’incarner quelque chose : un projet, un désir, un élan, une relation, une façon d’être au monde, sans pour autant nous séparer de cette source, de cette âme du monde, du grand tout.
Austin Coppock évoque le décan de cette Nouvelle Lune comme là où réside le désir le plus profond de notre cœur, ainsi que le prix que nous sommes prêts à payer, le sang que nous sommes prêts à verser même, nous dit-il.
Le passage des Poissons au Bélier pose cette question du passage de l’informe à la forme, de la mémoire de la grande déesse mère qui nourrissait en son sein à l’incarnation de la conscience égotique. L’amour qui s’incarne ne doit-il pas nécessairement devenir deux pour que l’on puisse l’expérimenter ?
La castration d’Ouranos, le ciel étoilé qui fatiguait Gaïa de ses unions incessantes, ne donnera-t-elle pas naissance à Vénus ?
Aphrodite, celle qui fait pulser en nous la mémoire de la réunion du Ciel et de la Terre ? Celle qui nous fait aspirer à ces retrouvailles célestes en créant parfois en nous le manque dans nos personnalités humaines ?
C’est comme si cette Nouvelle Lune nous invitait à soutenir ce paradoxe, cette fameuse réconciliation des opposés, nous dirait Jung. Comment notre âme est-elle sans cesse invitée à se rappeler cette union céleste préexistante à l’intérieur de nous, tout en vivant l’expérience Bélier de ce « je suis » qui s’incarne, qui prend les habits du moi, qui agit, qui exerce un semblant de volonté personnelle ?
Les Poissons nous rappellent toutes les émanations de cette source dans nos vies, mais nous devons voir les pièges de ce qui semble séduire : une philosophie de vie fanatisante, une promesse d’émotions faciles faisant plutôt vibrer notre personnalité que notre âme, des paradis artificiels, des images fausses qui nous endorment.
La beauté des Poissons, celle qui fait chanter notre âme, a le refrain d’une musique, a le goût d’une poésie délicate déclamée sur le bout des lèvres, a l’odeur de la rosée, a le sourire pétillant de l’innocence. Elle se cache dans le silence, dans la prière, dans la foi de nos cœurs. Elle ne fait pas de bruit, elle semble parfois même indicible tant la cruauté, la médiocrité et la banalité du mal semblent régner…
Et pourtant, elle triomphe dans les fissures, dans les écorchements, dans les détours. Alors cette Nouvelle Lune est une invitation à se rappeler que la musicalité de la vie est là, partout, même si un brouillard semble la masquer…
Elle nous demande d’avoir le courage de l’incarner, de ne jamais nous couper de ce fil d’or qui nous relie à elle afin de pouvoir continuer à traverser ce qui vient, même cru et brutal.
En lien du cœur
Caroline
Caroline xx